Projet de Traité constitutionnel européen
LES
10 AVANTAGES DU « NON »
1°
C’est la seule possibilité pour obtenir un autre texte. S’il est accepté,
pourquoi les pays qui l’auront accepté accepteraient-ils de considérer
qu’ils se sont trompés et qu’il faut le renégocier ? Pour faire
plaisir à la direction du PS français ? S’il est rejeté, il faudra nécessairement,
une fois le temps indispensable écoulé – et avec des majorités politiques
dans chaque pays qui ne sont pas immuables – débattre entre peuples européens
d’un texte qui rassemble en lieu et place de ce traité constitutionnel qui
divise.
2°
Les aggravations apportées au traité de Nice (voir, par exemple, les articles
314 et 315 qui inscrivent dans le traité les objectifs de l’Accord Multilatéral
sur l’Investissement rejeté en 1998 et soumettent davantage les services
culturels, d’enseignement, de santé et sociaux à la mondialisation néolibérale)
n’entrent pas en vigueur.
3°
Les institutions continuent de fonctionner et les traités existants demeurent
d’application sans être scellés dans une Constitution. Les dispositions du
traité de Nice relatives au fonctionnement des institutions, (inscrites elles
aussi dans le traité constitutionnel) sont d’application et permettent à ces
institutions de fonctionner comme elles le font d’ailleurs maintenant sans
problème.
4°
La soumission de l’harmonisation sociale aux lois du marché (art. 209)
n’est pas inscrite dans un traité constitutionnel.
5°
Un coup d’arrêt sérieux est donné à la transformation de l’économie de
marché, régulée, encadrée et limitée telle que nous la connaissons en
Europe depuis 1945 en une économie de marché où, sur le modèle des accords
de l’Organisation Mondiale du Commerce, « la
concurrence est libre et non faussée» (art. 3 et 67 autres).
6°
Le démantèlement des services publics n’est plus planifié (articles 4, 96,
122, 144 à 148).
7°
Le modèle productiviste d’organisation de l’agriculture (art. 227), qui a détruit
des dizaines de milliers d’emplois, qui a provoqué des crises sanitaires et
qui détruit l’environnement n’est pas constitutionnalisé.
8°
Les droits de propriété intellectuelle (brevets) qui fournissent la base
juridique aux OGM ne sont pas constitutionnalisés (art. 315).
9°
La soumission de 21 des 27 Etats membres (si le traité est ratifié, deux mois
après son entrée en vigueur nous serons à 27) à l’OTAN, qui n’est pas
une institution européenne, n’est pas constitutionnalisée (art. 41) et notre
soumission aux USA ne l’est pas davantage.
10°
La position de la France est renforcée comme elle le fut, lors de la négociation
du Traité de Rome après qu’elle ait rejeté la Communauté Européenne de Défense.
Un peuple ne s’affaiblit pas quand il s’affirme. Il s’affaiblit,
quand il se résigne, quand il se couche. L’Histoire n’a jamais démenti
cette vérité.
Raoul
Marc Jennar
Chercheur
au service du mouvement social
23 mai 2005