Projet de Traité constitutionnel européen
NOTRE DEVOIR, DIMANCHE ET APRES
Il
reste quarante-huit heures pour convaincre, gagner et empêcher l’irréparable.
Nous n’avons pas le droit de relâcher nos efforts. Tout doit être mis en œuvre,
d’ici à dimanche, pour convaincre ceux qui doutent encore de l’impérieuse
nécessité de dire « non ».
Notre
force de conviction s’appuie sur une analyse rigoureuse de la Constitution
européenne proposée et sur une conception de la société qui prend au sérieux
le triple objectif de liberté, d’égalité et de fraternité pour tous les
peuples d’Europe et du monde.
D’ores
et déjà, ce que nous avons entrepris depuis l’Appel des 200 lancé le 19
octobre dernier porte ses fruits :
-
nous avons aidé le peuple à se réapproprier la politique et fait revivre la démocratie ;
-
nous avons cultivé une conception du débat citoyen basée sur le respect
auquel chacune et chacun a droit en fournissant une présentation honnête du
contenu de la Constitution et des implications de ce contenu ;
-
face aux insultes et au dénigrement systématique des partisans du « oui »
et de leurs relais médiatiques, nous avons maintenu la dignité qu’impose le
débat démocratique ;
-
nous avons, à peu près partout, privilégié la démarche unitaire inspirée
par l’Appel des 200 et généré des centaines de collectifs composés à
l’image du collectif national.
Un
grand espoir s’est levé dans tout le pays. Des milliers de personnes ont,
spontanément ou de manière organisée, rédigé ou distribué des tracts, collé
des affiches, préparé et tenu des milliers de réunions publiques. Un intense
travail d’éducation populaire, digne du mouvement social du 19e siècle
et du début du 20e , a rendu confiance aux femmes et aux hommes
dans leur capacité citoyenne. Nous
avons même, Européens convaincus, porté l’espérance d’une Europe de
solidarité au-delà des frontières nationales et suscité, auprès de milliers
de personnes hors de France, l’attente d’un « non » français à
une Europe des inégalités.
D’ores
et déjà, ce que nous avons réussi nous impose, à l’égard du peuple de
gauche, des responsabilités qui vont au-delà du 29 mai. L’esprit et la
dynamique de l’Appel des 200, qui sont au cœur de notre démarche, doivent
demeurer et se prolonger.
Il
faut inscrire dans la durée les centaines de collectifs qui ont animé la
campagne et qui vont encore travailler dans les heures qui viennent. Il faut
leur donner une expression nationale permanente et réunir à cette fin une
convention nationale de tous les collectifs pour une France et une Europe démocratiques
et sociales. D’abord, pour apporter notre soutien aux autres peuples d’Europe
qui vont se prononcer dans les semaines et les mois qui viennent et pour jeter
les bases d’un grand mouvement européen qui exigera que le Parlement européen
élu en 2009 soit doté des pouvoirs constituants. Ensuite, pour mettre ces
collectifs à l’écoute des attentes populaires et, comme l’a proposé José
Bové, rédiger des « cahiers de propositions » qui identifieront,
dans chaque coin de France, ce qui rendra la vie plus belle. De l’Europe au
local et du local à l’Europe, il nous faut privilégier, dans la même démarche
unitaire, ce qui crée, nourrit, élargit les solidarités nationales, européennes
et internationales qui donnent un sens à notre humaine condition.
Nous
n’avons pas le droit de décevoir. Ni dimanche. Ni après.
Raoul
Marc JENNAR
Appel
des 200 – Propositions pour une relance européenne
27 mai 2005