Document soutenu par l'URFIG relatif à l'OMC
Déclaration des membres de la société civile internationale
en opposition à un « Round du Millénaire » ou un « Nouveau Round » global
de négociations commerciales
(25 mai 1999)
En novembre 1999, les
gouvernements du monde se réuniront à Seattle pour la troisième conférence
ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Nous, les membres de la société civile internationale soussignés,
opposons tout effort d’étendre les pouvoirs de l’OMC
à travers un nouveau cycle global de libéralisation des échanges
commerciaux. Les gouvernements
devraient plutôt réviser et rectifier les déficiences du système et de
l’OMC même.
Les Accords de l’Uruguay Round et la mise en place de
l’OMC ont été présentés comme des moyens de pousser à la création de la
richesse et de la prospérité au niveau mondial et de promouvoir le bien-être
de toutes les personnes dans tous les Etats membres.
Pourtant, la réalité s’est avérée toute autre.
Pendant les cinq années écoulées, l’OMC a contribué à la
concentration des richesses dans les mains d’une minorité de riches, à
l’augmentation de la pauvreté pour la majorité de la population du monde et
à des modèles de production et de consommation non durables.
Les Accords de l’Uruguay Round ont principalement servi
à forcer l’ouverture des marchés au bénéfice des entreprises
transnationales et aux dépens des économies nationales, des travailleurs, des
paysans, d’autres personnes et de l’environnement.
En outre, le système, les règles et les procédures de l’OMC sont
antidémocratiques, non-transparentes et non soumises à contrôle.
Leur mise en place a marginalisé la majorité des personnes à travers
la planète.
Tout ceci a eu lieu dans un contexte d’instabilité économique
globale croissante, d’effondrement des économies nationales, d’iniquités
croissantes entre et au sein des nations, de dégradation environnementale et
sociale de plus en plus importante en conséquence de l’accélération du
processus de globalisation et de l’OMC.
Nous nous opposons à toute négociation supplémentaire
pour plus de libéralisation, particulièrement celle qui placerait sous le régime
de l’OMC de nouvelles matières telles que l’investissement, la politique de
concurrence et des marchés publics. Nous nous engageons à faire campagne pour
rejeter toute proposition de ce genre. Nous nous opposons également à
l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent
au commerce (ADPIC).
Nous appelons pour un moratoire sur toute nouvelle matière
ou négociation supplémentaire qui élargiraient la portée et le pouvoir de
l’OMC.
Une révision et une évaluation globales et approfondies
des accords existants devrait être menée pendant ce moratoire.
Des mesures efficaces devraient alors être prises pour changer ces
accords. Cette révision devrait aborder l’impact de l’OMC sur les
communautés marginalisées, le développement, la démocratie,
l’environnement, la santé, les droits de l’homme, le droit du travail et le
droit des femmes et des enfants. Elle
devrait être menée avec la participation intégrale de la société civile.
L’échec de l’Accord Multilatéral sur
l’Investissement (AMI) de l’Organisation pour la Coopération et le Développement
Economique (OCDE) démontre une forte opposition de la part d’une grande
partie de l’opinion publique à la déréglementation de l’économie
mondiale, la domination croissante des entreprises transnationales, à
l’utilisation croissante des ressources et à la dégradation de
l’environnement.
Une révision du système sera l’opportunité pour la
société de changer de direction et de développer un système international
d’échanges commerciaux et de relations d’investissement alternatifs,
humains et durables.