Document soutenu par l'URFIG relatif à l'UE

 

 

Ne pas ratifier le Traité de Nice !

 

A quelques jours de la ratification du Traité de Nice, nous vous proposons de diffuser et signer cette lettre. De plus amples explications sont sur le site alternatif d'Indymedia (France) : www.france.indymedia.org. Nous vous invitons aussi à relire notre communiqué : Après Nice : Une Europe encore plus opaque et plus néo-libérale !

Lettre ouverte adressée aux parlementaires:

Depuis 50 ans, la privatisation du monde s'organise clandestinement dans les salons feutrés de Davos,  Bilberberg et d'ailleurs, à l'initiative du FMI, de l'OMC et de la Banque mondiale. Une dictature économique dirigée par les intérêts des transnationales et qui a pris le temps de s'installer loin, très loin, de toute légitimité. Mais depuis les contre-manifestations de Seattle, un mouvement citoyen international s'organise et s'oppose à cette économie ultra-libérale et antisociale. En manifestant partout dans le monde, à chaque réunion de la Banque mondiale, de l'OMC, et du FMI, ce mouvement a mis en évidence l'injustice des décisions qui se prenaient lors de ces rencontres. Comme pris sur le fait, aujourd'hui l'OMC doit aller se cacher au c¦oeur du désert sous la protection de l'armée dans un État ultra-policé. Tout cela pour échapper au débat public. De même, la Banque mondiale vient d'annuler une rencontre qu'elle organisait à Barcelone à la fin du mois de Juillet explicitement en raison de la mobilisation internationale du mouvement anti-globalisation.

A chaque fois que la société civile se préoccupe du fonctionnement de ces institutions et manifeste la volonté de donner une autre direction à la mondialisation, celles-ci réagissent en s'enfermant de plus en plus et en se protégeant derrière les violences policières.

Madame la député, Monsieur le député, vous allez être conduit à vous prononcer sous peu, sur la ratification du Traité de Nice. Les dispositions de ce Traité vont dans le sens d'une plus grande marchandisation du monde, de l'agriculture, des services (l'eau, l'énergie), du vivant (propriété intellectuelle). Les éléments nouveaux apportés par le Sommet de Nice aux traités européens vont dans le sens de compétences accrues données à la Commission - un chèque en blanc pour négocier à l'OMC dans divers domaines - sans que pour autant les pouvoirs de contrôler cette Commission aient été accrus, sans que le Parlement européen et les parlements nationaux n'aient reçu, en contrepartie du renforcement du  pouvoir technocratique, un renforcement du contrôle politique.

Alors que jamais aucune disposition du Traité n'a fait l'objet d'un débat public, on renforce encore des instruments supranationaux dont les orientations néo-libérales sont patentes et dont la servilité aux intérêts des entreprises transnationales est flagrante.

Même l'Irlande, plutôt conservatrice, a décidé d'organiser un référendum pour la ratification de ce traité. Les euros-députés, eux-mêmes, dénoncent la manière anti-démocratique qui a présidé à sa rédaction et le fait qu'ils n'ont pas leur mot à dire sur ce texte.

Quel que soit votre « camp » politique, une décision si importante sur l'avenir de l'Union Européenne ne peut se prendre en cachette, au détour d'un agenda chargé de l'Assemblée nationale.

Je vous demande donc, de voter contre la ratification du Traité de Nice, pour prendre le temps d'organiser rapidement les conditions d'un véritable débat sur les orientations sociales de l'Union Européenne et de démocratiser son fonctionnement notamment en clarifiant le mandat des commissaires et en rendant aux parlements nationaux un pouvoir de contrôle sur la Commission.

Les dérives néo-libérales de la Commission européenne, l'étendue toujours plus large des matières sur lesquelles elle exerce son autorité doivent, impérativement, amener les élus à une réaction citoyenne: "plus aucune attribution nouvelle aux institutions européennes sans débat préalable et sans accroissement du contrôle démocratique".

« The whole word is watching you », Le monde entier vous regarde. C'est avec cette phrase, devenue un slogan, que les manifestants interpellaient les participants à la réunion de l'OMC en 1999 à Seattle. Le monde entier peut-être pas, mais, en France, comme dans les autres pays d’Europe, beaucoup seront particulièrement attentifs à la répartition nominale des votes sur la ratification du Traité de Nice. Surtout à quelques jours des manifestations contre les licenciements spéculatifs.

Avec espoir que l'Europe deviennent enfin un projet qui puissent être repris par ses habitants, et non contre eux.

Cordialement,

 

Avec les concours d'Indymedia France, Barcelone, Gênes, Italie et de l'URFIG

www.france.indymedia.org

www.urfig.org