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NOUVELLES DE DOHA (2) - 10 novembre 2001
LA 4e CONFERENCE MINISTERIELLE DE L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE (OMC)
LE SUD EN RETRAIT
La deuxième journée de la conférence ministérielle de l’OMC a vu le début
du défilé des orateurs en séance plénière, tandis que commençaient les réunions
consacrées aux 6 thèmes retenus pour être traités isolement.
Les ministres représentant les pays industrialisés ont défendu le principe
d’un nouveau round comprenant au moins les matières dites de Singapour
(investissement, concurrence, marchés publics et facilités au commerce). Ils
ont reconnu que le projet de déclaration ne reflète pas le consensus des Etats
membres. La plupart ont souligné la nécessité d’une application flexible de
l’ADPIC (TRIPS). On notera les propos très fermes de la France pour défendre
la politique agricole européenne.
La surprise est venue des pays du Sud. Les propos tenus sont apparus en retrait
par rapport aux discours prononcés par leur ambassadeur à Genève lors des
discussions sur le projet de déclaration. Même s’ils ont souligné que la réponse
à leurs problèmes ne se trouve pas dans un nouveau round, même s’ils ont répété
leur refus de négocier les matières de Singapour, même s’ils ont souligné
que le problème de l’évaluation de la mise en oeuvre des accords existants
constitue leur priorité absolue, la tonalité des interventions traduisaient
une vraie hésitation à affirmer leur position avec la fermeté observée a Genève.
Certes, il faut convenir que les ministres sont moins avertis des subtilités
des dossiers que leur ambassadeur au contact quotidien avec les réalités des négociations
internes a l’OMC. Mais ce n’est pas la seule explication. Il y a des signes
qui indiquent que les pressions scandaleuses exercées par les USA et l’Union
européenne commencent à porter leurs fruits. Ainsi, à son arrivée à Doha,
le ministre du commerce du Nigeria, qui rentre de visites à Washington et
Bruxelles, a chassé les représentants des ONG qui faisaient partie de la délégation
de son pays. Le ministre du commerce du Kenya, lors d’une conférence de
presse destinée à présenter l’excellent document rédigé par les pays ACP
n’a manifesté aucune ardeur à défendre ce document et s’est au contraire
répandu en propos élogieux a l’égard de l’OMC, de ses dirigeants et des
procédures en vigueur. Il était littéralement tétanisé par une question
portant sur la phrase du document ACP dénonçant les pressions exercées par
les pays industrialisés. Le ministre du commerce de Tanzanie, porte-parole des
Pays les Moins Avancés, a souhaité le succès de la conférence en fournissant
des précisions quant au refus d’un nouveau round qui ouvrent des perspectives
aux partisans de ce dernier.
Propos tactiques ? Replis diplomatiques ? Sans doute est-il encore trop tôt
pour annoncer la victoire des pays riches et la défaite du Sud. Comme
l’indiquait un diplomate belge, on en est encore aux débuts de la conférence.
L’essentiel, la discussion des six thèmes, apportera des indications plus précises.
A Doha,
Dr Raoul Marc JENNAR
10 novembre 2001