Document URFIG - NOUVELLES DE DOHA

 

 

FLASH DE DOHA (2) - 14 novembre 2001 (12h15)

LA 4e CONFERENCE MINISTERIELLE DE L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE (OMC)

LA GUERRE CONTRE LE SUD CONTINUE



Contrairement à ce que j'annonçais dans le premier flash, la nuit a été riche en développements nouveaux dans les négociations sur le projet de "déclaration de Doha".

Les 450 lobbies d'affaires présents ici à Doha, instruits par leur échec dans le dossier des médicaments et inquiets de l'évolution constatée hier conduisant à un mini nouveau cycle de négociations ont exercé des pressions sur les délégations des pays industrialisés et sur la Commission européenne afin d'inverser la tendance. Avec succès.

Un 4e projet de déclaration, négocié en comité restreint entre pays industrialisés, a été distribué aux délégations. Il annonce un grand nouveau cycle pro-business auxquels les PVD ne semblent pas en mesure de s'opposer. Le miracle serait qu'ils le rejettent lors de la séance finale.

Des négociations vont être entamées, soit immédiatement, soit en 2003 sur :

- l'agriculture, sans que soient menacées dans l'immédiat les formes diverses de subventionnement des exportations et sans que le principe d'une "development box" ait été retenu;

- l'investissement : le retour de l'accord multilatéral sur l'investissement est dès à présent programmé;

- la concurrence, les marchés publics et les facilitations au commerce (les trois autres matières de Singapour);

- l'accès aux marchés des produits non agricoles (réduction des tarifs industriels préjudiciable aux pays en développement);

- les services (continuation des négociations en cours à Genève);

- les relations entre accords internationaux environnementaux et les règles de l'OMC, négociations qui n'engageront pas les pays qui n'ont pas adhéré à ces accords environnementaux, ce qui signifie une reconnaissance de la prééminence des règles de l'OMC.

Le principe de précaution n'est pas reconnu; l'Accord de Cotonou n'a pas, à cette heure, obtenu la dérogation nécessaire pour le rendre applicable. On n'est pas en présence d'un cycle du développement, loin s'en faut. L'avancée politique sur les médicaments ne peut faire oublier sa fragilité juridique sans cesse rappelée ici par la délégation américaine. C'est l'agenda des pays industrialisés qui est imposé à l'ensemble des peuples du monde. La guerre contre le Sud continue.



A Doha,
Dr Raoul Marc JENNAR
14 novembre  2001 – 12h15