Document URFIG - Prise de position relative à l'Accord de Cotonou
dénoncent le poids des accords de l’OMC
dans l’Accord de Cotonou
Pendant 6 jours, 140 ONG des
77 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, associés à l’Union européenne
dans le cadre de l’Accord de Cotonou, viennent de se réunir à Bruxelles.
Cette semaine de rencontres avec les ONG européennes, avec le Secrétariat des
pays ACP et les ambassadeurs de ces pays, s’est terminée par une conférence
ACP-Union européenne (UE) consacrée à « la participation de la société
civile dans la mise en œuvre de l’Accord de Cotonou ». A cette
occasion, les ONG des pays ACP ont rappelé leur point de vue sur la
mondialisation néo-libérale dans une « déclaration » dont voici
quelques extraits. La société civile ACP :
-
note avec préoccupation que l’Accord de Cotonou, qui comporte un nouveau
cadre de coopération commerciale et économique, est guidé par le processus de
mondialisation néo-libérale ; qu’il cherche à intégrer les économies
ACP dans l’économie mondiale à des conditions qui leur sont défavorables ;
-
estime que, malgré l’objectif déclaré de lutte contre la pauvreté ainsi
que les stratégies et instruments prévus dans cet Accord – notamment la
promotion des programmes d’ajustement structurel, l’instauration de
relations commerciales réciproques et les accords de partenariat économique
– il risque de faire obstacle au développement et d’aggraver la pauvreté
des pays ACP ;
-
constate que, si l’Accord de Cotonou préconise une libéralisation et une déréglementation
sans discernement des économies ACP, l’Union européenne continue en revanche
de protéger ses marchés et de subventionner ses activités économiques ;
-
considère que l’Accord de Cotonou contient des dispositions relatives au
commerce international, notamment sur l’ADPIC (aspects des droits de propriété
intellectuelle qui touchent au commerce), la politique d’investissement ,
les marchés publics et la politique de concurrence) ; que de telles
dispositions sont de nature à miner le développement des pays ACP, d’où le
rejet dont elles ont fait l’objet lors des négociations dans le cadre de
l’OMC.
Lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence, Nancy Kachingwe, du Zimbabwe, s’exprimant au nom des 140 ONG présentes à déclaré : « Nous sommes profondément meurtris par la manière dont l’Etat a été affaibli par les politiques d’ajustement structurel. Notre intention n’a jamais été d’affaiblir l’Etat, mais plutôt de le renforcer en le rendant responsable et en demandant qu’il écoute et intègre les voix et les demandes des citoyens ordinaires. » Et d’ajouter, à propos de l’Accord de Cotonou : « il y a une tension parce que nous ne sommes pas d’accord avec les objectifs de l’Accord visant à intégrer les pays en développement dans l’économie globale. Nous voyons cet objectif comme un moyen d’utiliser l’Accord de Cotonou, qui en principe est un cadre pour la coopération au développement, pour insérer un paradigme néo-libéral global qui est au plus haut point défavorable pour les pays ACP. »
Après d’autres déclarations, ces déclarations apportent un démenti supplémentaire à ceux qui affirment que les ONG européennes et nord-américaines tiennent, sur la globalisation, un discours qui n’est pas celui des citoyens des pays en développement.
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