Document soutenu par l'URFIG relatif à l'OMC

 

 

LES ONG LANCENT UN APPEL AUX GOUVERNEMENTS POUR QU’ILS ANNULENT LA PROPOSITION POUR UN « NOUVEAU ROUND »

 Le Directeur général de l’OMC devrait aussi arrêter sa campagne en faveur du nouveau Round

 Déclaration conjointe des ONG

Genève, le 19 mars 2001

 

Nous, les ONG du Sud et du Nord, travaillant dans les domaines du développement, de la pauvreté, de l’environnement et des droits de l’homme et énumérées plus loin, affirmons être totalement en opposition aux propositions présentées par certains pays en faveur du lancement d’un nouveau cycle global à l’OMC cette année.

Plus particulièrement, nous sommes formellement opposées à l’introduction de nouvelles matières, notamment en matière de règles d’investissement, de règles sur la politique de concurrence et des marchés publics (même dans la phase initiale sur la transparence) à l’OMC.  Nous ne voulons pas que la 4ème Conférence ministérielle soit utilisée pour faire passer ces nouvelles matières au sein de l’OMC.  Nous considérons que ces matières ne sont pas des matières commerciales. L’OMC ne devrait donc pas en être chargée.  Si l’OMC devait se charger de ces matières, les conséquences sociales, environnementales, économiques ainsi qu’en ce qui concerne les droits de l’homme seraient désastreuses pour toutes les populations du monde.  Les négociations portant sur ces matières seraient particulièrement catastrophiques pour les pays en développement car leur potentiel de développement serait anéanti.

Nous sommes également opposées à la manoeuvre de l’Union européenne visant à promouvoir une approche plurilatérale en matière d’investissement et de concurrence, car nous considérons qu’il ne s’agit pas d’un changement d’approche authentique, mais d’une manœuvre tactique pour attirer les pays vers un nouveau cycle. Il n’appartient pas à l’OMC d’être chargée de ces questions qui ne devraient d’ailleurs pas être traitées de manière multilatérale ou plurilatérale. 

Après de nombreuses discussions sur l’OMC avec un grand nombre de délégations à Genève, nous avons pu constater que, malgré le fait que certaines délégations soient en faveur d’un nouveau cycle, il y en a encore plus qui ne sont pas favorables et quelques unes même qui s’y opposent formellement et en particulier à tout nouveau cycle de négociations.  La proposition pour un nouveau cycle, particulièrement celle de l’Union européenne, divise et destabilise sérieusement le système de commerce multilatéral.  Nous appelons les partisans du nouveau cycle à annuler leur offensive en sa faveur.

Nous sommes également consternées de voir le Directeur général de l’OMC faire campagne pour un nouveau cycle, notamment lors de diverses visites dans un bon nombre de pays et de régions.  Alors que de nombreux pays membres de l’OMC ont clairement exprimé leur désaccord, voire leur opposition à un nouveau cycle, il est inacceptable qu’un membre du personnel d’une organisation internationale prenne position avec certains membres contre d’autres.  Pourtant, c’est exactement ce que le Directeur général fait.  Cette attitude partisane doit cesser.  Le Directeur général se doit de rester neutre pour ne pas effriter d’avantage la crédibilité de son bureau et de son Secrétariat. 

Les accords et les règles de l’OMC, particulièrement en matière d’agriculture, de droits de propriété intellectuelle (ADPIC), des service et d’investissement, sont extrêmement nocifs et ont d’importantes conséquences sur l’accès aux produits de base des consommateurs, sur les sources de revenu des agriculteurs, sur la sécurité alimentaire, sur le développement, sur la pauvreté générale et sur l’environnement.  Ces accords doivent être révisés et certains d’entre eux (par exemple les ADPIC) devraient même être sortis de l’OMC. Ce devrait l’objet des discussions à l’OMC dans les prochaines années.

Nous appelons donc tous les gouvernements représentés à l’OMC à rejeter un nouveau cycle et à se concentrer plutôt sur la résolution des problèmes sérieux aux conséquences désastreuses posés par les accords de l’OMC et leur mise en oeuvre.

 

Déclaration avalisée par :

Africa Trade Network (Ghana)

Alternative Information and Development Centre (AIDC) (Afrique du Sud)

Alliance for Democracy (Etats-Unis)

Arab NGO Network for Development

Consumer’s Association of Penang (Malaisie)

Corporate Europe Observatory (Pays Bas)

Council of Canadians (Canada)

DAWN Caribbean

ECOROPA (Europe)

EQUATIONS (Inde)

Focus on the Global South (Thaïlande)

IBON Foundation, Inc. (Philippines)

International NGO Forum on Indonesia Development (INFID) (Indonésie)

Institute of Agriculture and Trade Policy (Etats-Unis)

Instituto del Tercer Mundo (Uruguay)

Legal Resources Centre (Philippines)

Polaris Institute (Canada)

Public Citizen (Etats-Unis)

Solon Foundation (Bolivie)

Third World Network

URFIG (Bruxelles-Paris-Genève)

World Development Movement (Grande Bretagne)

 

Note : Pour plus d’information, et pour apporter votre soutien à cette déclaration, écrire à Cecilia Oh, Third World Network, à EM twnet@po.jaring.my