URFIG - Accord de Cotonou

 

Ce vendredi 27 septembre 2002 commencent

les négociations commerciales entre l’Union européenne et les pays ACP

(77 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique)

 

QUELS SONT LES VERITABLES OBJECTIFS

DE L’EUROPE ?

 

Ce vendredi commencent les entretiens entre l’Union européenne et les pays ACP qui doivent déboucher en cinq ans sur la signature d’accords de partenariat économique. L’objectif déclaré de ces accords est de lutter contre la pauvreté et de promouvoir le développement durable. Or, la façon dont l’Europe approche ces négociations est en contradiction avec cet objectif. Car elle souhaite avant tout la création d’une série de zones régionales de libre-échange dont elle serait chaque fois membre. Par cette voie, les produits européens obtiendraient un libre accès aux marchés de 77 pays en développement dont 38 sont classés parmi les pays les moins avancés.

La Commission européenne semble sous-estimer totalement les implications de ses propositions :

-         Les pays les moins avancés (PMA) ont obtenu en 2001 un libre accès au marché européen (l’initiative appelée « tout sauf les armes »). Bien qu’assortie de restrictions sur certains produits qui sont justement importants pour beaucoup de pays du Sud (le sucre, le riz et la banane) et finalement peu avantageuse compte tenu de leur faible capacité de production d’autres produits, cette initiative avait au-moins l’avantage de ne pas s’accompagner. d’une obligation de réciprocité. La création de zones de libre-échange promue par la Commission fera perdre cet avantage aux PMA

-         La plupart des pays ACP et en particulier les PMA ne sont pas en état d’affronter la concurrence des produits européens sur leurs propres marchés ou d’écouler leurs produits sur les marchés européens

-         La Commission européenne reconnaît ce problème, mais n’en tire pas les conséquences. Les pays ACP seront soumis à d’importants coûts de restructuration sans être certains de bénéficier d’avantages, qui restent théoriques, en matière de libéralisation réciproque de leur commerce avec l’Europe

-         Les revenus principaux des pays ACP seront fortement entamés par la disparition des taxes d’importation. Pour un pays comme le Swaziland, la perte tournera autour de 15%. Ce manque à gagner conduira à de nouvelles réductions en matière de services sociaux, d’enseignement, de soins de santé …et est donc en complète contradiction avec les objectifs déclarés de lutte contre la pauvreté

-         Entre-temps l’Union européenne veut réformer sa politique agricole. Or, cette réforme devrait notamment accroître le caractère concurrentiel des produits européens en pesant sur leurs prix, ceci au détriment des productions ACP. Or, l’Europe ne tient pratiquement pas compte de ces évolutions dans ses propositions à ces derniers.

-         Les pays ACP sont occupés de leur côté, et souvent avec des recouvrements, à développer des liens régionaux de coopération. L’Union européenne force ce processus en voulant en être partie-prenante, en poussant les Etats concernés à opter pour des formes de collaboration déterminées et en orientant ces liens de coopération en fonction du marché européen plutôt qu’en fonction des besoins spécifiques des marchés régionaux.

-         Les pays ACP insiste pour la mise en œuvre des négociations en deux phases. Dans un premier temps, les problèmes signalés ci-dessus doivent être étudiés globalement et trouver une solution. Dans une seconde phase, ils doivent être traités par régions. Mais l’Union européenne veut mettre en œuvre au plus vite les négociations régionales.

-         L’Accord de Cotonou qui règle les relations entre les ACP et l’Europe rend obligatoire une consultation de la société civile tant des ACP qu’européenne. Or, plus encore dans ce volet commercial, aucun espace ni mécanisme sérieux ne sont prévus pour rendre cette consultation systématique et productive.

Vendredi, les négociations seront inaugurées solennellement. Ce sera l’occasion pour l’Union européenne de mettre en avant ses bonnes relations de coopération avec les pays ACP. Mais nous sommes d’avis que lancées sur les bases explicitées ci-dessus, les négociations qui s’ouvrent risquent de rater leur principal objectif déclaré : promouvoir un développement équitable et durable.

Centre National de Coopération au Développement / Opération 11 11 11

Contact : gerard.karlshausen@cncd.be -  Tél. +32-2-250.12.41

11 11 11 Koepel van de Vlaamse  Noord Zuid Beweging 

Contact : marc.maes@11.be - Tél.: +32-2-536.11.36

Avec l’appui d’Oxfam Solidarité, Urfig, Gresea et Sos Faim