URFIG - Accord de Cotonou

 

L’IMPLICATION DE LA SOCIETE CIVILE

A LA MISE EN OEUVRE DE L‘ACCORD DE PARTENARIAT ACP - UE

ENJEUX ET PERSPECTIVES

(CONSEIL CONSULTATIF DE LA SOCIETE CIVILE

DE LA REPUBLIQUE  DEMOCRATIQUE DU CONGO, JUILLET 2002)

 

Sommaire

Introduction

1.      L’Accord de Cotonou, la participation de la société civile et l’élaboration du document de stratégie de la coopération.

2.      L’Union européenne et la RDC

2.1. Présentation sommaire de la RDC

2.2. Coopération avec l’Union européenne

3.      Caractéristiques de la société civile congolaise

3.1.   Les principales plates formes

3.2.   Les forces et les faiblesses

            4 .  Implication de la société civile dans la mise oeuvre de l’Accord de Cotonou

                                    4.1. Qu’est ce que le COCSOC ?

                                    4.2. Difficultés rencontrées

Quelques stratégies

4.      Recommandations

Conclusion

 

  Introduction

Le présent document passe brièvement en revue les innovations de l’Accord de Cotonou, le nouveau cadre de coopération entre les pays d’Afrique, des Caraïbes et de Pacifique avec l’Union européenne en ce qui concerne  particulièrement l’implication des acteurs non étatiques dans cette coopération .En second lieu, il aborde succinctement l’état de la coopération entre l’union européenne et la République Démocratique du Congo non sans insister sur la situation dramatique que vit ce pays à tous les niveaux . Le document examine ensuite les caractéristiques, les forces et les faiblesses de la société civile congolaise tout en soulignant, cependant, le rôle éminent que joue cette organisation dans la mobilisation et l’encadrement de la population congolaise .

Dans le cadre de l’Accord de Cotonou, ce document s’attarde quelque peu sur les efforts d’implication de la Société civile congolaise dans cet Accord . Dans ce but, il montre comment celle-ci s’organise et se prépare à jouer le rôle qu’on attend d’elle aussi bien dans ce cadre là que dans les autres cadres de coopération.

Le document montre, à ce sujet, les difficultés que rencontre la société civile congolaise et propose en guise de conclusion, les efforts à entreprendre pour s’en sortir.

1.  L’Accord de Cotonou, la participation de la société civile et le processus d’élaboration de la stratégie de coopération

L’Accord de Cotonou, la nouveau cadre de coopération entre les pays  d’Afrique, de Caraïbes et Pacifique  ACP et l’Union Européenne, a été signé en Juin 2000 afin de remplacer la Convention de Lomé .Il a donc comme ancêtres les Conventions de Yaoundé et les Conventions de Lomé .Comme toutes les organisations humaines, les conventions de Lomé ne pouvaient pas échapper au dysfonctionnement et aux contradictions .Ainsi, au fil des années, étaient - elles apparues de plus en plus complexes et lourdes à la suite d’une multiplicité d’objectifs, d’instruments et de procédures .Leurs délais devenaient trop longs, leurs administration se bureaucratisait de manière abusive et leur efficacité se restreignait avec comme conséquence un impact douteux sur le développement durable .Cette situation nécessitait par conséquent un changement dont le processus aboutit en 2000 par la signature, à Cotonou, d’un nouvel accord de coopération .Cet Accord est sous-tendu par un certain nombre d’impératifs dont :

        les enjeux de la mondialisation, de la lutte contre la pauvreté et du développement durable ;

        la sélectivité et la différenciation optimales dans le traitement des pays ACP

        le lien entre l’aide et les performances

        la comptabilité entre le régime des échanges et les règles de l’organisation Mondiale de Commerce  OMC

        la participation la plus étroite de la société civile, du secteur privé et de acteurs économiques et sociaux appelés dans l’Accord, acteurs non étatiques ;

        la rationalisation radicale des instruments de coopération prévue par les Conventions de Lomé .

L’Accord de Cotonou dispose que la participation des acteurs non étatiques est un facteurs importants pour réduire la pauvreté .A son article 4,  il prévoit que  ces acteurs non étatiques, dont la société civile, doivent être informés et engagés dans l’élaboration des stratégies et des politiques de coopération .Les stratégies et les politiques de coopération sont tout d’abord définies dans les Programmes Indicatifs Nationaux lesquels définissent le axes et les secteurs de coopération entre l’UE et le pays concerné pour une période de cinq ans .

L’Accord de Cotonou précise en cet article 4, que les acteurs non étatiques doivent être consultés et  s’engager dans le processus de programmation .

Par ailleurs cet Accord prévoit également l’élaboration d’une stratégie de coopération par pays laquelle doit sous-tendre l’élaboration du Programme Indicatif National  définir les axes de coopération entre l’UE et chaque pays ACP.

L’Accord de Cotonou insiste sur le fait que la participation des acteurs non étatiques ne se limite pas à un simple appui aux projets locaux mais doit être portée au niveau de dialogue sur les politiques et les programmations générales et sectorielles . D’où la nécessité pour ces acteurs non étatiques de participer au processus de définition des stratégies et de priorités sectorielles des pays ACP .

Il va sans dire que dans sa réalisation,  l’Accord de Cotonou a quelques défis à relever .Il s’agit, en ce qui concerne précisément la participation des acteurs non étatiques :

        du manque d’information,

        de la résistance politique,

        de la mise en place des dialogues structurées ;

        du financement ;

        du renforcement des capacités .

2.  L’Union  Européenne et la RDC

2.1. Présentation  générale de la RDC

Premier pays francophone d’Afrique avec environ 50 millions d’habitants et 2,300 millions de km2  soit la taille de l’Europe de douze, la RDC est aussi le troisième plus grand pays d’Afrique avec une grande hétérogénéité ethnique . Dotée d immenses potentialités, la RDC a connu au plan économique  un déclin considérable au milieu des années 1980.

 La PIB per capita est tombé à environ 80,1US$ et son taux de croissance est largement négatif (-14%). Le service total de la dette extérieure a explosé de 20 à 618 millions US$ entre 1997 et 1998. La RDC occupe la 142ème place  sur 162 de l’Indice de Développement Humain du PNUD.

Cette situation est la conséquence des trente deux années de dictature et de mauvaise gestion . Au plan politique, le pays a connu dès 1990, une longue transition vers un régime démocratique ponctuée par des pillages de toute sorte .

A partir de 1996, le pays a commencé une période d’instabilité politique marquée par deux guerres, qui ont coupé le pays en deux, détruit le pays économiquement  ( pillage, destruction de l’outil de production, non accès aux zones de production ) et socialement

 ( déplacement de deux millions de personnes, mort de plus de trois millions de personnes, appauvrissement de la population  etc.) .D’autres facteurs liés au non respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine ainsi que l’absence de bonne gestion des affaires publiques ont contribué à cette situation de crise malgré l’effort consenti par le gouvernement actuel pour ramener la paix au pays .

Au plan social, les conditions de vie des population  se sont détériorées sensiblement au cours de la décennie 90 : inexistence et /ou la précarité des services sociaux de bases, baisse du niveau d’instruction ( 59% en 1999), augmentation de la mortalité infantile( 207 de morts pour 1000 naissances 1999 ).  Le phénomène de la pauvreté est donc très aigu, et concerne surtout certains groupes sociaux plus vulnérables tels que les enfants, les femmes et les vieillards. C’est ainsi que le PIB par habitant de la femme ( 648 $ courants) est presque la moitié de celui de l’homme ( 1.117$ ). En ce qui concerne le VIH /SIDA, le taux d’infection pour les adultes de 15 à 49 ans se situe à 5%. Ces estimations sont nettement en dessous des réalités nationales : certaines régions du pays, notamment celles touchées par les conflits connaissent des taux de prévalence de l’ordre de 25 à 35%. Cette situation est préoccupante non seulement pour la RDC mais aussi pour ses neufs voisins car la guerre dont est victime ce pays a pris une proportion sous régionale. [c1] 

2.2. Coopération avec l’Union Européenne

L’Union européenne a toujours été le partenaire privilégié de la RDC .Dès 1958  de Yaoundé  jusqu’en 1992, la RDC bénéficiait de deux sortes de financement :

-         D’abord le financement par les fonds faisant partie de l’aide communautaire directe, les engagements financiers de Etats membres de l’UE et le financement inter ACP.

Ensuite à partir de 1992, les paiements du 6ème FED furent réduits sensiblement suite au blocage du processus de démocratisation.

Mais malgré la rupture de la coopération structurelle, l’aide communautaire continue sous les formes suivantes :

·        Un programme de réhabilitation visant à améliorer les conditions de vie des populations dont le Programme d’Appui Transitoire au Secteur de Santé  PATS ( de 1995 à ce jour) Ce programme a été réalisé dans six provinces :les deux Kasaï, grand Kivu et Kinshasa, la capitale soit près de la moitié de la RDC.

·        Le deuxième programme PAR ou Programme d’Appui à la Réhabilitation, commencé en 1995 a été conçu pour faire face aux besoins les plus urgents des populations urbaines démunies .

Il comprend trois volets :

        La réhabilitation de certaines routes nationales et de desserte agricole  Kinshasa, Kasaï, Kivu ;

        l’Appui à la production et à la commercialisation des produits de base ;

        l’assainissement urbain notamment en matière d’eau potable .

·      l’allocation de l’aide humanitaire grâce aux  engagements financiers des Etats membres de l’UE .

3. L’implication de la société civile de la RDC à la mise en oeuvre de l’Accord de Cotonou

Si la population a tant soit peu, résisté aux effets de la pauvreté, c’est grâce à sa  société civile dont le  dynamisme, le courage et la détermination, malgré les faiblesses liées à toute oeuvre humaine doivent être soulignés .Les bailleurs de fonds dont l’Union européenne en tiennent compte dans la réalisation de certains programmes .Ainsi PATS s’appuie sur les églises, et les ONG dans ses actions  sur terrain .

Cependant la société civile congolaise ne rencontre pas moins certains entraves dans la concrétisation de ce partenariat : d’abord elle travaille dans un environnement très pauvre, elle est mal outillée, et confrontée elle-même à un problème de faiblesse structurelle et institutionnelle, ensuite, elle doit faire face à la méfiance des tous les interlocuteurs : en l’occurrence l’Etat qui la considère comme un contrepoids, un nouveau prédateur, etc. ...

Pour leur part les bailleurs  ne lui  font pas confiance du fait qu’elle n’a aucune  structure de contrôle, et accuse certaines faiblesses au plan administratif et juridique.

Enfin, au sein même de la société civile il se pose un réel problème de leadership.

 4.Caractéristiques de la société civile congolaise

La principale caractéristique de la société civile congolaise est sa diversité : ses composantes sont de diverses origines, de diverses natures, elles sont présentes dans tous les secteurs de la vie de la Nation et leurs actions sont aussi diverses que multiformes .

Les principales plates formes de la société civile sont :

  1. La société civile de la RDC avec à la tête un secrétariat technique animé par trois secrétaires techniques permanents ;
  2. La société civile du Congo ( SOCICO) ;
  3. Le comité de concertation de la société civile (CCSC) ;
  4. CONOCO ( Confédération Nationale des ONG du Congo ).

A ces quatre plates formes s’ajoutent d’autres composantes qui agissent indépendamment dont les médias, les organisations religieuses, le syndicat, les organisations de femmes, les organisations des jeunes,  les ordres professionnelles(COPT) et les autres organisations non fédérées .

Les animateurs de ces plates formes proviennent de diverses catégories socioprofessionnelles et de divers horizons ethniques et culturels.

Ses composantes sont organisées et fonctionnent selon des modalités qui varient en fonction de leur nature, de leur finalité et de leur secteur d’activité .Au delà de cette spécificité elles sont un lieu où la population, dans sa diversité ,analyse sa situation, réfléchit et se concerte, s’exprime et prend position face à tous les problèmes qui concernent la gestion du pays et formule ses demandes aux gouvernants .

Elles jouent ainsi un rôle de porte parole et de groupes de pression auprès des détenteurs de pouvoir. Elles aident la population à sortir de l’inertie, de la soumission et du fatalisme devant les abus,  les erreurs et les dérives des autorités .

Elles encouragent une mentalité de résistance non violente contre les abus quels qu’en soient les auteurs .

Pour atteindre ces objectifs, elles mettent en oeuvre diverses stratégies et recourent à divers moyens .Elles rassemblent et organisent les forces sociales pour créer des espaces permanents ou ponctuels de concertations et des synergies dans le but défendre des intérêts communs plus larges que ceux d’un groupe particulier .

Ces forces vives s’efforcent toujours d’agir en interaction dynamique avec les institutions publiques et les partis politiques pour faire triompher les intérêts communautaires dans un processus de responsabilité et de durabilité qui sauvegarde l’autonomie de chaque partenaire.

5. Forces et faiblesses de la société civile congolaise

    5.1.Forces de la société civile congolaise

Tout au long de l’histoire de la RDC, la société civile de la RDC a joué un rôle prépondérant notamment en des moments forts, entre autres la lutte pour l’indépendance, la transition démocratique ( 1990_1996 ), les guerres de libération et celle d’agression, et enfin dernièrement pendant le dialogue intercongolais .

Ces temps forts coïncident avec une prise de conscience de leurs rôles et de leurs responsabilités de la part des animateurs .

En outre, pendant ces périodes de crise multiforme grâce à ses multiples associations, la société civile a développé un sursaut de solidarité dans la population, à travers les ONG et autres associations de base et résister ainsi aux méfaits de la pauvreté et le précarité .

    5.2. Faiblesses de la société civile congolaise

  Même si certaines  organisations fonctionnaient de manière démocratique ( les ONGD les ONG de droit de l’homme) .celles-ci fonctionnent et cohabitent avec d’autres qui n’appliquent pas nécessairement les principes démocratiques dans leur fonctionnement et dans la désignation de leurs responsables ( syndicat, églises ).

        Elle est fortement politisée d’où l’existence de quatre plate formes dont certaines s’alignent sans se cacher aux tendances politiques ;

        Elles dépendent de financement extérieur pour réaliser ses actions ;

        Elle se préoccupe plus des problèmes politiques et négligent d’autres problèmes de développement ;

        Certains leaders de la société civile se servent de ces plates formes comme un tremplin en vue d’une ascension politique ;

        Elle travaille en ordre dispersée ;

        Lutte de leadership entre les animateurs de la société civile

6. La société civile congolaise et l’Accord de Cotonou

La coopération structurelle dont notre pays est privé depuis 1991commence petit à reprendre .Il est évident que, dans sa lettre comme dans son esprit, la coopération est et demeure un appoint important qui, dans le cas de la RDC actuellement, est impatiemment attendu pour donner un coup de fouet aux efforts internes de la reconstruction nationale et du développement .C’est dans cet optique de la reprise de la coopération structurelle et  de la reconstruction nationale et du développement qu’est né le Conseil Consultatif de la Société civile de la RDC en sigle .

    7. Qu’est ce que le COCSOC ?

Le COCSOC est donc un cadre de concertation de la société civile de la RDC appelé à favoriser l’implication de cette dernière dans le processus de la coopération structurelle au développement .Il se veut à la fois cadre de concertation et instrument de sensibilisation et de mobilisation des organisations membres de la dite société civile dans cette perspective de la reprise de la coopération au service du développement national.

    7.1. Origines

Le COCSOC est le résultat du Forum National organisé par la Société civile, du 18 au 22 février 2002. En organisant ce forum, cette dernière voulait réfléchir sur les voies et moyens capables de lui permettre de s’impliquer davantage dans le processus de la coopération, notamment avec l’Union européenne selon l’Accord de Cotonou.

Le COCSOC entend donc, dans le cadre de l’Accord de Cotonou, mobiliser la Société civile dans son ensemble afin qu’elle joue un rôle de premier plan dans toutes les articulations concertées dans le partenariat avec l’Union européenne et les pays ACP ainsi que tout autre accord de coopération négociée dans le cadre de lutte contre la pauvreté.

A cet égard, le Forum National a permis à la société civile de :

        Mieux identifier les enjeux et les opportunités liés à l’Accord de Cotonou ;

        Cibler et de sérier les   réseaux au niveau national et les réseaux  de  mobilisation ;

        Arrêter les priorités et les stratégies en apport avec les actions à mener ;

        Définir les modalités de la mise sur pied progressive du COCSOC.

    7.2.Ses objectifs

-     Le COCSOC poursuit les objectifs ci-après :

-     Rechercher les complémentarités et la synergie avec les autres réseaux de mobilisation contre la pauvreté, l’endettement, etc ;

-        Poursuivre et  rendre le dialogue politique avec les pouvoirs publics en vue de créer, au pays, un espace plus favorable à l’expression des libertés et à la culture démocratique ;

-     Mettre en place des instruments de concertation avec l’Union européenne et les autres bailleurs de fonds ;

-     Collecter et diffuser l’information utile sur le contenu de l’Accord de Cotonou ;

-     Renforcer les analyses et les fondations théoriques ;

-     Intensifier son implication dans les réseaux sous régionaux et régionaux de la société civile africaine ;

-     Mobiliser les ressources nécessaires à son fonctionnement et à son rayonnement.

    7.3. Fonctionnement

Pour mieux coordonner ses activités le COCSOC s’est doté des organes suivants :

1.      Assemblée générale

 composée de 100 membres dont ...femmes réparties par composantes en respectant l’équilibre entre les plates formes de la société civile .

Chaque province doit organiser son cadre de  concertation en respectant un équilibre entre les composantes . Le processus  a déjà commencé au Katanga  mais pas encore commencé dans les dix autres provinces faute de moyens financiers.

2.      Comité de pilotage

composé de 27 membres dont 11 représentants des 11 provinces et 16 provenant des 16 composantes de la société civile dont 2 femmes

3.      Le  Secrétariat exécutif

composé de 15 membres provenant de toutes les plates formes de la société civile et des différentes composantes :

 Société civile de la RDC                                                =2 membres ;

 Société Civile du Congo (SOCICO)                               =2 membres ;

 CCSC                                                                              =2 membres

 CONOCO                                                                      = 2 membres

 Organisations syndicales                                                =1membre ;

 confessions religieuses                                                   =2 membres

corporations professionnelles                                            =2membres et

 organisations non fédérées                                             =1membre

 

Soit au total 15 membres dont 2 femmes.

La désignation des membres s’est fait de façon consensuelle par les responsables des plates formes.

    8. Activités réalisées jusqu’à ce jour

Après le Forum et la création de la plate forme, les activités suivantes ont été réalisées:

1.      Un atelier de planification pour les membres du Secrétariat exécutif financé par les membres du COCSOC ;

2. Participation du secrétaire exécutif au séminaire de Djamena (Tchad) et désignation de ce dernier comme point focal de la société civile ACP au niveau de l’Afrique centrale ;

4.      Invitation et participation de deux membres du COCSOC à la conférence de la Société civile sur le partenariat avec l’Union Africaine à Addis Abeba ;

5.      Participation de trois membres du COCSOC au forum sur les objectifs du développement du millénaire (ODM) à Addis Abeba.

6.      La participation du Conseil Consultatif à l’atelier sur le NEPAD organisé par le Ministre du Plan

7.      Participation aux réunions consultatives avec le Président de la Banque Mondiale ;

8.      Participation aux  réunions consultatives avec les responsables et les experts de la Banque Africaine de Développement ;

9.      Création de la revue «  Le coq » (Juin 2002 ) ;

10.  Répertorier les organisations de la société civile et harmoniser les listes avec les secrétaires généraux des différents ministères sectoriels ( Août 2002 ) ;

11.  Participation aux travaux préparatoires du sommet mondial du développement durable (Août 2002 );

12.  Participation aux travaux sur l’élaboration du Document Stratégique de la Coopération avec le Ministère des Affaires Etrangères ( Dès Août 2002 ) ;

13.  Mise en place de la plate forme de la Société civile au Katanga.

    9. Difficultés rencontrées

Le Forum s’est déroulé avec beaucoup de difficultés suite aux raisons suivantes :

        Certains membres de la société civile n’ont pas apprécié le fait que le Ministère du Plan soit l’initiateur de ce forum.

        Les animateurs de la société civile étaient pressés de se rendre au dialogue intercongolais à Suncity (l’enjeu politique était de taille )et ont préféré confier le mandat aux « représentants » ou  « adjoints »  pour le suivi du forum.

        La délégation de l’Union européenne en  RDC  ne s ’était pas sentie concernée par le forum ainsi que d’autres activités du COCSOC malgré l’existence du plan d’action élaboré à Bruxelles ;

        Faible connaissance de l’Accord de Cotonou par tous ;

        Méfiance de la société civile vis à vis du gouvernement et peur d’être instrumentalisé par ce dernier à travers le COCSOC ;

        Peur de  certaines organisations de la Société civile et ONG individuelles de perdre certains avantages acquis auprès de certains bailleurs dont l’Union européenne d’où mauvaise propagande de ceux là même qui sont dejà membres du COCSOC ;

        Guerre de leadership au sein de la société civile après les négociations politiques  de Suncity ;

        Certains plates formes de la société civile non représentatives trouvent une opportunité de se rendre plus crédibles ;

        Méfiance des ambassades et organisations internationales installées à Kinshasa suspectant la main mise du gouvernement sur la société civile.

        Les organisations de l’intérieur du pays considèrent le COCSOC comme une affaire de organisations de la capitale  ;

Par contre pour son fonctionnement, le COCSOC est confronté aux problèmes suivants :

        Manque des bureaux et  équipements de base pour son fonctionnement

 ( jusqu’à ce jour le Conseil Consultatif utilise les bâtiments du CNONGD ;

        Connaissance insuffisante de l’Accord de Cotonou des membres des organisations de la société civile ;

        Manque de moyens de fonctionnement ( certaines activités sont financés par les membres du conseil consultatif ) ;

        Méfiance de certains animateurs de la société civile ( membres du Conseil consultatif )qui ont peur de perdre leurs avantages acquis auprès des bailleurs et autres partenaires et mènent des démarches parallèles pour être financés et réaliser les activités dévolues au conseil consultatif  .

        Faible cohésion au sein du conseil, suspicion persistance entre les membres malgré le Forum ;

10 . Dialogue et transparence concernant l’élaboration du document de Stratégie de Coopération

Au niveau de la RDC, malgré la volonté de la délégation de l’Union européenne d’impliquer la population à l’identification et à la mise en oeuvre des actions par les ONG à travers la société civile, reconnaissant aussi une meilleure expertise et une meilleure connaissance des besoins de la population, celle-ci n’a pas informé la société civile de l’élaboration du document stratégique de coopération .Toute fois les travaux sur l’élaboration de ce document ont commencé sous l’initiative du Ministère des affaires étrangères de la RDC .Certains animateurs de la société civile ont développé depuis longtemps des relations privilégiées avec la délégation en sorte que l’ouverture envers les autres acteurs de la société civile  n’est pas une priorité pour la délégation de l’Union Européenne.

11. Quelques axes stratégiques

La société civile du Congo est une organisation qui a fait beaucoup pour la population congolaise en leur montrant surtout comment elles peuvent se prendre en charge ;pour qu’elle continue à être cet instrument au service du progrès et du développement durable, il convient qu’elle :

        Prenne davantage conscience de ses forces et de ses faiblesses,

        S’organise mieux en appliquant en son sein les principes de démocratie, de la bonne gouvernance, de la tolérance et de la prise en charge mutuelle,

        S’ouvre d’avantage au monde et maîtrise mieux les principes modernes de gestion des hommes et les enjeux de l’heure ;

        S’inspire des expériences des autres organisations sœurs en Afrique et dans le monde ;

        Soit suffisamment impliqués dans l’élaboration du document de stratégie de la coopération ainsi que  dans le PIN (Programme Indicatif National)

        Soit suffisamment attentive aux apports internes en ce qui concerne les financements de ses programmes ;

        Jouisse des informations et de l’apport externes suffisamment importants afin qu’elle sache et puisse mieux conduire ces programmes pour le plus grand bien de la population congolaise ;

        Recherche et entretien des bons rapports de partenariat avec tous les partenaires ..

12. Recommandations

Le COCSOC est né de la volonté de tous les partenaires (UE, gouvernement RDC en tant que pays ACP, et les acteurs non étatiques notamment la société civile ) d’une façon inclusive  et en tant que telle, dans le contexte de la RDC, il mérite d’être soutenu .

A cet effet quelques recommandations peuvent être formulées :

-     A l’attention de la Commission européenne :

o       Appuyer la mis en oeuvre du plan d’action de Bruxelles 2001 par le renforcement de la société civile congolaise .Le premier est fait, le forum est parvenu à mettre toutes les composantes ensemble, il est opportun de financer le plan d’action .

o       D’informer suffisamment les acteurs non étatiques des changements au sein de la délégation d l’union européenne ;

o       Que la délégation de l’union européenne soutienne les actions de COCSOC et lui permette de garder son indépendance vis à vis des autres partenaires ;

o       Que le dialogue entre le COCSOC et la délégation soit plus facile et plus régulière ;

o       Qu ‘il soit organisé une table ronde tripartite gouvernement-société civile et délégation de l’union européenne une fois par trimestre et des réunions d’informations régulières afin de discuter de l’évolution de la mise en oeuvre de l’Accord de Cotonou et de dégager des leçons importantes pour la poursuite de partenariat.

o       De soutenir la création de l’Observatoire de l’éthique

-     A l’endroit du gouvernement :

o       Appuyer l’organisation de séances d’informations et d’échanges avec la société civile ainsi que les autres partenaires sur l’état d’avancement e l’Accord ainsi que les autres programmes ;

o       Continuer la concertation avec tous les acteurs afin de favoriser la pratique de la démocratie associative au sein de la société civile ;

o       Que la société civile soit réellement impliquée à l’élaboration du document stratégique de coopération et qu’un temps suffisant lui soit donné pour recueillir les différentes contributions depuis la base jusqu’aux associations faîtières ;

o       Que tous les moyens soient mis en oeuvre pour le bon fonctionnement du COCSOC ;

-    A l’endroit de la société civile

-     Que le dialogue au sein du COCSOC et de toute la société civile soit franc  et sincère

-     Que le COCSOC mette au point un mécanisme de recueil et de diffusion d’information jusqu’à la base sur la mise en oeuvre de l’accord de Cotonou et toute autre programme en rapport avec la lutte contre la pauvreté ;

-     Que la société civile s’engage effectivement à apporter sa contribution à l’élaboration du document de stratégies et qu’elle respecte les critères d’éligibilité dans le choix de ses représentants en terme de propositions et de recommandations pour le document final et l’identification des facteurs contraignants et les limites dans la mise en oeuvre de l’Accord.

-     Elaborer un plan d’action en tenant compte des besoins essentiels et négocier sa prise en compte dans le Programme Indicatif National.

 

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Pour le Conseil Consultatif de la Société civile

Félicien Malanda

Secrétaire  exécutif

 

 

 

 


 [c1]PNUD2002 Résumé économique de la RDC