URFIG - Accord de Cotonou
Négociations commerciales UE-ACP :
Le Parlement européen met en garde
sur les dangers de l'ouverture des marchés
(Paul-Emile Dupret, septembre 2002)
A la veille du lancement officiel à Bruxelles des négociations
de nouveaux accords commerciaux entre l'UE et les pays ACP prévues par l'accord
de Cotonou, le Parlement européen a adopté le rapport de Madame Yasmine
Boudjenah, députée française du groupe de la gauche unitaire européenne (GUE).
Dans cette résolution critique de l'orientation libérale
du mandat de la Commission, les députés européens rappellent que la coopération
économique et sociale est prioritaire par rapport aux échanges commerciaux qui
doivent rester un moyen au service du développement.
Mettant l'accent sur l'inégalité criante existant entre
l'UE et les pays ACP, le Parlement exprime sa vive inquiétude face à
l'objectif d'ouverture réciproque des marchés entre eux, tel qu'il a été
rappelé par la Commission lors du débat. Il estime qu'une telle ouverture
pourrait avoir des effets économiques dramatiques pour les pays ACP et en
particulier pour leur souveraineté alimentaire. Pour le Parlement, des efforts
importants doivent être faits avant toute libéralisation pour affronter les
causes structurelles génératrices de l'appauvrissement des pays ACP, notamment
le retard sur le plan des infrastructures et de la technologie, et l'orientation
de leurs économies à l'exportation des matières premières. Il demande à la
Commission qu'elle fournisse dès le début des négociations une
estimation des coûts de tels investissements, et des moyens qui seront être
mis à disposition pour y faire face.
Estimant que la priorité doit être l'intégration
nationale et régionale de ces pays, le Parlement européen demande que les
processus de négociation préserve l'unité des pays ACP et respecte les
processus d'intégration sous-régionale, en particulier en Afrique.
Rappelant qu'ensemble les pays ACP et l'UE peuvent
constituer une force considérable au sein de l'OMC, le Parlement demande dans
sa résolution que les négociations qui s'ouvrent soient l'occasion d'agir
ensemble au sein de l'OMC pour transformer ses règles, et pour obtenir que le
traitement spécial et différencié en faveur des pays en développement,
-mentionné dans celles-ci - , commence à être doté d'un contenu réel.
Le Parlement demande un vaste débat public à côté de négociations
ouvertes et transparentes et que la Commission produise dès le début des négociations
une étude de l'impact probable des accords sur le développement social et
l'environnement.
Enfin rappelant l'importance du développement des services
publics pour le bien-être des populations, la rapporteure s'est déclarée
opposée à toute libéralisation dans les secteurs essentiels tels que l'éducation,
la santé, l'eau, l'énergie et les transports.
Paul-Emile Dupret
Adviser
on Development and Cooperation, and External Trade
United European Left (GUE/NGL), European Parliament