Document soutenu par l'URFIG relatif à OMC-UE

 

 

Appel à l’Union Européenne pour le retrait de sa proposition

en faveur d’un nouveau cycle de négociations commerciales global

 à l’Organisation Mondiale du Commerce

(14 juin 2001)

 

En dépit d’une opposition vive et continue de gouvernements et peuples à travers le monde, l’Union Européenne (UE) ne cesse de lancer des appels en faveur de la mise en place d'un nouveau cycle global de négociations commerciales pour la prochaine ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) au Qatar en novembre 2001.

La proposition de l’UE demeure pratiquement inchangée depuis la dernière ministérielle de l’OMC à Seattle en décembre 1999.  A cette époque, l’UE avait contribué à l’effondrement des négociations dû à une opposition sans précédent des pays en développement et des groupes de la société civile.  Les mêmes tensions pourraient provoquer l’effondrement de la ministérielle du Qatar. 

L’UE à l’intention d’apporter une grande variété de ‘nouvelles matières’ – y compris l’investissement, la concurrence, les marchés publics – à la table des négociations.  Un grand nombre de pays en développement sont opposés à cette position sur la base que, loin d’être un « cycle pour le développement » comme l’avait suggéré Clare Short, la Secrétaire d’Etat britannique au Développement international, l’ordre du jour ne tient aucun compte de leurs préoccupations et ignore leurs besoins en terme de développement (1). 

Lors de la ministérielle de Seattle, près de 1500 groupes citoyens et mouvements sociaux de 89 pays en développement et développés ont également fait entendre leur opposition au projet de l’UE pour un nouveau cycle.  Cette opposition est fondée sur les répercutions lourdes qu’un tel ordre du jour aurait en matière sociale, économique et environnementale (2).  Ces préoccupations perdurent et, pourtant, elles semblent être ignorées (3).

Les organisations soussignées soutiennent un système d’échanges multilatéral, démocratique, équitable, durable et en harmonie avec les exigences des économies locales et régionales.  Pourtant, l’OMC, avec le soutien actif de l’UE et du secrétariat de l’OMC - notamment le Commissaire européen chargé du commerce, Pascal Lamy et le Directeur général de l’OMC, Mike Moore – faire la promotion d’un projet différent, celui de la mondialisation au profit des entreprises.  Au lieu de reconnaître et d’aborder les problèmes sociaux, économiques et environnementaux créés par les accords actuels de l’OMC, ils encouragent une libéralisation des échanges plus importante dans le domaine des services, de l’investissement, de la concurrence et des marchés publics, en grande partie sur ordre et dans l’intérêt des entreprises transnationales basées essentiellement dans les pays de l’UE et aux Etats-Unis. 

L’UE devrait retirer sa proposition en faveur d’un nouveau cycle global.  Un nouveau cycle n’est pas inévitable.  De plus, les négociations prescrites déjà en cours (concernant les droits de propriété intellectuelle et la libéralisation supplémentaire des échanges commerciaux dans le domaine des services et de l’agriculture) sont suffisamment controversées et pourraient provoquer des impacts négatifs sur les gens, sur l’environnement et sur les économies locales aussi bien au Nord et qu’au Sud.

A la place, l’Union Européenne devrait être la première à montrer l’exemple en lançant un appel visant à changer le système international d’échanges commerciaux pour que celui-ci soit en accord avec ses propres objectifs en matière de développement durable et des droits de l’homme.  L’UE devrait commencer par demander aux membres de l’OMC de commanditer un examen indépendant suivi d’une révision des failles du système d’échanges mondiaux et de l’OMC.  Cet examen devrait aborder l’impact de l’OMC sur les communautés marginalisées, le développement, la démocratie, l’environnement, la santé, les droits de l’homme, le droit de la femme et des enfants, le droit du travail et le droit des consommateurs.  Il devrait être mené avec la participation intégrale de la société civile. 

L’examen et la révision du système d’échanges actuel sont essentiel si la société entend changer de direction et développer un système international d’échanges et des relations d’investissement alternatif, humain et durable. 

 

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(1)  L’Inde, la Malaisie et le Pakistan sont les pays clefs menant l’opposition des pays en développement au nouveau cycle. 

(2)  Voir ‘Statement from Members of International Civil Society Opposing a Millennium Round or a New Round of Comprehensive Trade Negotiations’, sur www.foei.org/activist_guide/tradeweb/ngostat.htm

(3)  Voir ‘WTO – Shrink or Sink ! The Turn Around Agenda’ sur www.tradewatch.org/gattwto/ShrinkSink/shrinksink.htm

 

Signataires :

Africa-Europe Faith and Justice Network (AEFJN)

Alliance for Democracy (Austin, Texas Chapter), USA

Alternative to EU-Finland

Amici della Terra, Italy

Amigos de la Tierra, Spain

Amis de la Terre, France

ANU/Tresam, Goteborg, Sweden

Asia-Pacific Environmental Exchange, Seattle, USA

Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs (AITEC), France

Association Transnationale, France

ATTAC-France

Awami Committee for Development, Pakistan

Berne Declaration, Switzerland

Blue 21 e.v., Berlin Working Group on Environment and Development, Germany

BothENDS, the Netherlands

BUND, Friends of the Earth Germany

Center for Economic Justice, USA

Center for Encounter and Active Non-Violence, Bad Ischl, Austria

Congregation of the Sisters of the Good Shepherd (international)

Consumers' Association of Penang, Malaysia

Corporate Europe Observatory, the Netherlands

Corpwatch, USA

Development Alternatives with Women for a New Era (DAWN) (international)

Emmaus Bjorka, Sweden

EU-Critical Youth - Finland

Federasi Serikat Petani Indonesia - FSPI

Focus on the Global South, Thailand

Freedom for Animals, Toronto, Canada

Friends of the Earth (England, Wales and N Ireland)

Friends of the Earth Europe

Fundacion Solon, Bolivia

Latinamerikakommitten, Jonkoping, Sweden

Informationsgruppe Lateinamerika (IGLA), Vienna, Austria

Institute for Agriculture and Trade Policy, USA

International Coalition for Development Action (international)

International NGO Forum on Indonesian Development (INFID), Indonesia

International South Group Network (ISGN) (international)

Institute for Relocalisation of Economy, France

Maan ystavat ry, Friends of the Earth, Finland

Milieudefensie, the Netherlands

Miljofobundet Jordens Vanner/Friends of the Earth, Sweden

Nea Ecologia-Friends of the Earth, Greece

NOAH, Friends of the Earth Denmark

Ohio Fair Trade Campaign, USA

OXFAM GB

OXFAM Hong Kong

OXFAM International

OXFAM Ireland

OXFAM-Solidarity, Belgium

Sahabat Alam Malaysia

Solagral, France

S.P.I.R.A.L.S, Ireland

Strategic Development Initiative (SDI), France

StopMAICoalition, Western Australia

Tebtebba Foundation, the Philippines

The Swallows, Association for Voluntary Service, Bangladesh

Third World Network (international)

Tourism Concern, UK

Unité de Recherche, de Formation et d'Information sur la Globalisation (URFIG), Brussels-Paris-Geneva

UVB-Utbildning for bistandsverksamhet, Sweden

Vic WTO Watch (Victoria, Australia)

Werkgroep Globalisering Delft-Den Haag, the Netherlands

World Development Movement, Scotland

World Development Movement Aberdeen Branch, Scotland

World Development Movement Edinburgh Branch, Scotland

World Economy, Ecology and Environment (WEED), Germany

XminusY Solidarity Fund, the Netherlands